Que signifie : haute couture ?

La haute couture est le secteur professionnel dans lequel exercent les créateurs de vêtements de luxe. Aujourd’hui, elle s’organise autour de « maisons de haute couture », des enseignes pour certaines assez anciennes, auxquelles de nombreux grands couturiers ont collaboré au fil des années. Elle joue un rôle d’avant-garde et ses œuvres préfigurent la mode.

En France, d’où elle est originaire, la « haute couture » est une appellation juridiquement protégée émanant d’un décret de 1945. Les maisons de haute couture doivent répondre à un certain nombre de critères : travail réalisé à la main dans les ateliers de la maison, deux ateliers, nombre d’employés, l’unicité de pièces sur-mesure, deux défilés dans le calendrier de la haute couture chaque année, nombre de passages par défilé (au moins vingt-cinq), utilisation d’une certaine surface de tissu.

Haute couture : le concept en détail

Charles Frederick Worth est le fondateur de la Haute couture et le métier de grand couturier. Il donne ses lettres de noblesse à cette discipline sous le Second Empire. La haute couture devient une discipline à part entière qui se dissocie de Paris, capitale de la mode depuis l’Ancien régime ! Il doit présenter ses réalisations, c’est en cela que se joue le premier rôle de mannequin.

Le terme « haute couture » est défini par un décret de 1945. Chaque année, une commission composée de professionnels du secteur établit une liste (validé par le ministère de l’industrie) des seules maisons autorisées à utiliser cette dénomination.

Quels sont les critères ?

–          Travailler entièrement à la main dans les ateliers de la maison.
–          Présenter deux collections par an, d’au moins 25 modèles chacune, en janvier et en juillet, à Paris.
–          Réaliser des pièces uniques sur-mesure
–          Avoir au moins 20 salariés

Les critères ont été assouplis en 1992 pour accueillir de nouveaux talents à critères trop strict notamment pour celles portant sur le nombre de salariés.

Désormais, un créateur peut obtenir l’appellation s’il est parrainé par une maison de haute couture et que la Chambre syndicale de la haute couture se prononce favorablement.

 

Haute couture : collection Que sais-je (préface de Didier Grumbach)

Président de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode Président de la Chambre syndicale de la couture parisienne.

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Que-sais-je haute couture préface Didier Grumbach

Lorsque se crée en 1868 la Chambre syndicale de la couture et de la confection pour dames et fillettes, les entreprises de l’habillement pratiquent indifféremment les deux savoir-faire complémentaires ; les modèles de couture sont conçus à la demande et les « nouveautés confectionnées » sont fabriquées d’avance… les couturières cherchent des emplois dans les ateliers de confection pendant la morte-saison des maisons de couture.

C’est en décembre 1910 que la couture fait « chambre à part ». Elle s’installe rue d’Aboukir. Dès lors, les deux professions développent séparément leurs avantages particuliers ; la première, la couture, de plus en plus luxueuse et créative, intéresse une clientèle internationale riche et raffinée ; le seconde, la confection, s’adresse à la clientèle ouvrière qui recherche des vêtements indémodables et bon marché… En 1939, cette dernière n’exporte sa production que dans nos colonies.

En 1948, Christian Dior invente les contrats de licence et initie la délocalisation des marques de prestige ; ses assistants successifs, Pierre Cardin et Yves Saint-Laurent, mettent naturellement en pratique la même politique, de même que l’ensemble des couturiers français.Vingt ans plus tard, les confectionneurs délocalisent à leur tour leur production dans les pays du Tiers Monde.

En 1973, la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode rassemble à nouveau couture et prêt-à-porter au sein dune même structure professionnelle en prenant en compte la créativité et non plus les technologies utilisées. Aujourd’hui, la Fédération de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode regroupe la très grande majorité des marques de notoriété.

Les technologies ont évolué ; les Françaises qui, pour soixante-quinze pour cent d’entre elles, s’habillaient sur mesure jusqu’au milieu des années 1950, sont aujourd’hui converties au prêt-à-porter ; les trois cent mille ouvrières de couture des années 1930 sont passées progressivement à la confection qui est devenue au cours des années créative et de qualité. De même que les maisons de couture ont un département de prêt-à-porter, certains créateurs de prêt-à-porter possèdent un département de couture. Comme au début du XXe siècle, couture et confection sont des savoir-faire conciliables dans le cadre d’une même marque et d’une même entreprise, les deux facettes d’une seule industrie. Les grands couturiers et créateurs de mode sont à nouveau les principaux exportateurs français. La couture est la partie supérieure de la confection, un avantage concurrentiel spécifique à certaines marques françaises, un « service plus » pour les maisons de prêt-à-porter et pour les parfums.

« François-Marie Grau, dans un ouvrage synthétique et documenté, a bien rendu compte de cette évolution ; qu’il ait choisi de le faire à l’aube d’un nouveau siècle ajoute à la pertinence de son analyse. Je suis heureux qu’il m’ait demandé de préfacer son ouvrage et m’ait donné l’occasion d’exprimer ma conviction que la haute couture dans sa définition ancienne la plus traditionnelle résistera au temps. » (Didier Grumbach)

 

Haute couture : l’appellation

L’appellation « Haute Couture » date de 1945 et il s’agit d’une appellation juridiquement protégée dont ne peuvent se prévaloir que les entreprises figurant sur une liste établie chaque année par une commission siégeant au ministère de l’Industrie et qui fait l’objet d’une décision ministérielle.

A l’époque où ces textes sont intervenus, cette classification permettait notamment aux titulaires de cette appellation de bénéficier d’avantages spéciaux en matière d’attribution et de contrôle d’utilisation de matières premières et d’un régime plus souple sur le plan de la réglementation des prix. Ces avantages ont progressivement disparu.

L’arrivée des stylistes dans les années 1960/70 a entraîné le développement d’entreprises de création appartenant à la fédération du prêt-à-porter des couturiers. Ces entreprises défilent deux fois par an.

Le système a été conservé, car il assure une couverture médiatique à la place de Paris, qui est la seule à défiler quatre fois par an (janvier et juillet pour la haute couture; mars et octobre pour le prêt-à-porter) et à certaines entreprises qui peuvent faire valoir leur technicité. Le label « Haute Couture » reste apprécié pour l’image de marque dont bénéficient les maisons auquel il est accordé.

Le label « Haute Couture » est donc accordé par décision du ministre en charge de l’industrie, sur proposition d’une commission de classement animée par la Chambre syndicale de la couture.

La Chambre syndicale de la couture a établi un règlement intérieur de la Commission de classement déterminant les modalités de fonctionnement, le mode de présentation des candidatures, les conditions à remplir par les candidats, la procédure d’examen (contrôles et enquêtes), ainsi que les effets matériels de l’agrément (validité et utilisation de l’appellation).

L’appellation « Haute Couture » est ainsi réservée aux entreprises du luxe qui répondent à toute une série de critères, dont les principaux sont :

Vêtements réalisés sur mesure,
Travail à la main,
Dans les ateliers de la maison de couture, avec un atelier flou (robes) distinct de l’atelier tailleur (vestes),
Les ateliers doivent compter au moins 20 personnes (brodeurs, plisseurs, plumassiers dotés d’un savoir-faire unique au monde),
Défiler deux fois par an, avec un nombre minimal de 25 modèles par collection,
Pour être accepté en tant que nouveau « membre permanent », la maison doit être inscrite sur le calendrier officiel des collections Couture en tant que « membre invitée » depuis au moins 4 ans et être parrainée par une autre maison de couture.
Chaque année, une commission animée par la Chambre Syndicale de la Haute Couture Parisienne établit la liste des entreprises autorisées à porter l’appellation « Haute Couture ».

Cette autorisation n’est valable qu’une année, les maisons de couture doivent renouveler chaque année une nouvelle demande, soumise à un nouveau vote de la commission, pour conserver la précieuse appellation

Seulement quinze (15) maisons bénéficient en 2017 de l’appellation « Haute Couture » avec le statut de « membres permanents » . Ce sont les maisons:

Adeline André
Alexandre Vauthier
Alexis Mabille
Chanel
Christian Dior
Frank Sorbier
Giambattista Valli
Givenchy
Jean Paul Gaultier
Maison Margiela
Maurizio Galante
Stéphane Rolland
Yqing Yin
et depuis janvier 2017 les ont rejoint Julien Fournié et Schiaparelli

En 1997, la Chambre Syndicale a également créé le titre de « membre correspondant », pour inviter à la semaine de la couture parisienne des maisons de luxe étrangères. Les membres correspondants ne disposent pas de l’appellation « Haute Couture » mais seulement de l’usage du terme « couture ». Il s’agit pour 2017 des maisons:

Azzedine Alaia
Elie Saab
Giorgio Armani
Valentino
Versace (qui ne défilera pas à Paris en janvier !)
Victor & Rolf
En 1998, la Chambre Syndicale a enfin créé le titre de  » membre invité  » pour lancer de nouvelles marques françaises de luxe, qui peuvent s’exposer pendant la semaine de la Haute Couture et défiler en parallèle des grandes maisons dans des lieux moins connus.

Après quatre ans de défilés réguliers, les « membres invités » peuvent porter leur candidature à l’appellation de « membre permanent », soumise à nouveau à un vote du comité de direction.

Pour 2017, les membres invités sont :

Antonio Grimaldi
Aouadi
Galia Lahav
Georges Hobeika
Guo Pei
Hyun Mi Nielsen
Iris Van Herpen
Maison Rabih Kayrouz
Ralph & Russo
Ulyana Sergeenko
Vêtements
Xuan
Yuima Nakazato
Zuhair Murad

Il existe également des membres Haute Joaillerie dont Boucheron, Chanel Joaillerie, Chaumet ou Dior Joaillerie.
Les pièces Haute Couture sont toutes réalisées sur commande et faites sur-mesure.

Haute couture : conclusion

La maturité de nombreux secteurs industriels a remis en cause leur business model. Les maisons de haute couture, contrairement aux apparences, ne se réduisent pas à l’exubérance de leurs grands couturiers : elles ont dû faire évoluer l’approche purement artisanale de leur activité pour pouvoir s’adapter aux changements de leur clientèle historique et ce, grâce au co-développement de deux différenciations « produits » : celle du luxe et celle de la mode.

Cette transition a profondément impacté l’organisation de ces sociétés : les maisons de haute couture ont trouvé des solutions originales leur permettant de dépasser l’opposition entre mode et luxe et de figurer, aujourd’hui encore, parmi les entreprises les plus rentables. Ainsi, derrière le strass et les paillettes, on découvre un monde atypique dans sa structure et son organisation, qui pourrait bien fasciner au moins autant par la finesse des stratégies qu’il met en œuvre que par ses créations elles-mêmes…

Haute couture
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