Mode media (ex Glam media) stoppe ses activités. La mort d’une licorne.

Tout est loin d’être glamour dans le domaine de la mode et de la fashion industrie. Le branle-bas de combat initié  par le groupe Condé Nast dans le cadre d’une convention baptisée Vogue Fashion Festival en est la preuve. En conviant les professionnels du secteur ainsi que les ‘passionnés’ à  se rencontrer pour deux journées de réflexion, cette mobilisation tend à  prouver qu’un grand chamboulement de toute l’industrie est en cours. Les groupes de presse se diversifient en créant des e-shop afin de garder captifs leurs lectorats, les créateurs se mettent au parfum, ou proposent des déclinaisons de collections baptisées capsules afin de les revendre juste après les défilés, en petites séries. Il y a fort à  parier que les grandes chaînes de distribution réagiront rapidement au bouleversement de cet écosystème polymorphe.

Analyse du crash de Mode Media :

L’américain Mode media, licorne typique et précédemment connu sous le nom de Glam media, va mettre la clé sous la porte. Le site web spécialisé dans la mode et le curation de ses informations de type lifestyle, n’avait généré que 90 millions de dollars en 2015. Pourtant classé 10e groupe média américain et doté de 137 millions de visiteurs, ces chiffres n’ont pas suffit à  convaincre ses investisseurs de renflouer l’entreprise

En 2013  le groupe avait atteint une valorisation d’un milliard de dollars sur la base d’un investissement garanti.
Dans une note que s’est procurée le quotidien américain, Mode Media explique avoir été «activement et de façon continue» en quête de financements ou d’une acquisition au cours des cinq derniers mois. Faute de repreneur, le groupe basé à  Brisbane (Californie) a décidé d’informer ses employés de la fermeture de l’entreprise dans la matinée du 15 septembre.

Initialement baptisée Glam Media à  sa création en 2003, la société californienne, qui regroupe plusieurs chaînes consacrées à  l’univers de la mode, avait été renommée Mode Media en 2014. Le modèle économique reposait sur la publicité ciblée auprès d’une audience premium composée de femmes et d’hommes de 18 à  39 ans passionnées par la mode. En août 2013, le groupe avait atteint une valorisation d’un milliard de dollars sur la base d’un investissement garanti.

Par ailleurs, Mode Media a levé près de 225 millions de dollars depuis 2004. Son dernier tour de table remontait à  mai 2015 avec une levée de 30 millions de dollars auprès du groupe de médias allemand Hubert Burda Media.

Un constat plutôt inquiétant tend à  démontrer que ces startups (licornes) valorisées au moins un milliard de dollar n’ont toujours pas prouvé la viabilité de leur modèle économique. La plupart des experts du secteur des nouvelles technologies partagent cette opinion.

Malgré une levée de fonds de Série F de 30 millions de dollars en mai 2015, la startup était déjà  à  court de cash. Dans un mémo interne envoyé aux salariés jeudi 15 septembre dernier, les dirigeants expliquent qu’ils ont tenté, lors des cinq derniers mois, de trouver de nouveaux investisseurs ou de se faire racheter. Sans succès.

A propos de Mode Media / Glam Media :

Glam Media a été fondé aux États-Unis en 2003 par Samir Arora, 44 ans, entrepreneur du Net d’origine indienne. Après dix ans chez Apple, il a créé plusieurs start-up en Californie. Glam Media se définit comme « un pionnier du média vertical ». À côté du site féminin Glam.com, il a créé Brash.com pour les hommes à  l’automne 2008 et Tinker.com, un moteur de recherche spécialisé sur Facebook et Twitter. Objectif : capter l’audience des réseaux sociaux en pleine explosion.

L’ouverture de la filiale française suit une levée de fonds de 50 millions de dollars. D’autres groupes cherchent à  fédérer les blogs. En France, le très populaire site Auféminin.com a commencé à  en intégrer dans ses pages. Des régies publicitaires se sont lancées pour commercialiser cette audience disparate auprès d’annonceurs, comme Blog Bang, filiale de Publicis, qui dispose également de son portail grand public.

Mais l’entreprise, qui a mené six tours de table en 12 ans auprès de nombreux investisseurs et a levé au moins 225 millions de dollars, n’a jamais réussi à  dégager de bénéfices.

Valorisée 1 milliard de dollars depuis 2013, la startup a néanmoins dû « pivoter » plusieurs fois pour s’adapter à  l’évolution des usages (le mobile, la vidéo) et à  la concurrence. Pour attirer les visiteurs, Mode avait fédéré une « communauté » de 12.000 créateurs, rémunérés pour choisir et promouvoir des contenus auprès de ses 137 millions de visiteurs uniques par mois. Une audience suffisante pour être classée en 10e position du palmarès de ComScore des éditeurs américains de contenus, en février 2016.

Mode media stoppe ses activités, l’adieu d’une licorne
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