Hermès : Peta interpelle la marque de luxe concernant les conditions d’abattage des autruches
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[Ethique] L’association de défense des animaux Peta a interpellé mardi la maison de luxe Hermès sur les conditions d’abattage des autruches, dont la peau est destinée à de la maroquinerie de luxe. Le groupe français affirme respecter les législations internationales.

(Source Yahoo! / AFP)

Prada aussi mis en cause

La vidéo met également en cause la maison italienne Prada, l’élevage d’autruches filmé lui fournissant également des peaux, selon Peta.

L’ONG avait déjà publié en 2015 des images tournées dans des élevages de crocodiles et d’alligators fournissant, selon elle, des peaux à Hermès, dénonçant “des pratiques cruelles au cours de leur abattage”.

“De jeunes autruches sont massacrées pour des sacs”, c’est ce qu’a affirmé hier la porte-parole de Peta France, Isabelle Goetz, lors de l’assemblée générale annuelle d’Hermès à Paris.

La porte-parole, qui avait acheté une action Hermès pour pouvoir assister à l’assemblée générale, a dénoncé devant plusieurs centaines d’actionnaires les conditions dans lesquelles les autruches sont plumées et “la souffrance endurée par ces animaux pour ces sacs”.

Pour étayer ses propos, elle a fait état d’une vidéo tournée en Afrique du Sud par Peta USA dans une ferme d’élevage d’autruches qui fournirait exclusivement Hermès selon l’ONG.

“Les règles d’Hermès beaucoup plus strictes”

“Hermès n’a aucun fournisseur exclusif d’autruches. Nous assumons pleinement notre responsabilité dans nos partenariats avec les fermes avec lesquelles nous travaillons pour nos approvisionnements”, lui a répondu depuis la tribune le patron du groupe, Axel Dumas.

“Nous avons la volonté de faire appliquer les meilleures pratiques. Nous demandons à tous nos partenaires de respecter non seulement la législation internationale, voire les règles d’Hermès qui sont beaucoup plus strictes”, a-t-il ajouté.

Une vidéo datée de février

Isabelle Goetz faisait référence à une vidéo diffusée en février sur internet. A l’époque déjà, Hermès avait contredit les informations de Peta : “Contrairement à ce que veut laisser croire cette vidéo, les fermes d’élevage présentes n’appartiennent pas à Hermès et les faibles quantités de cuir d’autruche utilisées par Hermès proviennent non de fermes mais de tanneries qui, comme tous les fournisseurs d’Hermès, font l’objet de contrôles permanents et vigilants”.

Le groupe avait ajouté “condamner la volonté manifeste de Peta de porter atteinte à sa réputation à travers un acharnement qui méconnaît la réalité des faits et la force de l’engagement éthique et responsable d’Hermès en matière de lutte contre la souffrance animale”.

A propos d’Hermès :

[Résultats 2015] Après le groupe LVMH, c’est au tour d’Hermès d’annoncer de très bons résultats pour l’année 2015.
Le chiffre d’affaires est de 4 841 millions d’euros, en croissance de 18% et de 8% à taux de change constants. Le résultat opérationnel courant s’élève à 1 541 millions d’euros (31,8% des ventes), en progression de 19%. La rentabilité nette atteint 20% des ventes en 2015.
La bonne nouvelle c’est que toutes les zones géographiques portent la croissance d’Hermès avec le Japon en tête (+18%) suivi de l’Europe (+9%), de l’Amérique du Nord (+7%) et enfin le reste de l’Asie (+5%).
Les métiers-clé du groupe Hermès sont :

  1. la maroquinerie-sellerie
  2. les vêtements et accessoires
  3. les parfums
  4. la bijouterie.

Le groupe Hermès a renforcé ses effectifs de près de 500 personnes, dont plus de 400 en France, principalement dans les manufactures et les équipes de ventes. Fin 2015, le groupe employait 12 244 personnes dont 7 461 en France.

Hermès : des prévisions prudentes pour 2016

(Source AFP/Le Revenu)

[Résultats 2016] Les ventes mondiales du groupe de luxe ont grimpé de 8,1% à taux de change constants en 2015, en ligne avec ses attentes. Pourtant, le titre signe l’un des plus forts replis du SBF 120.
Le marché fait la fine bouche. Le titre Hermès signe la deuxième plus forte baisse du SBF 120 avec un repli de plus de 3% dans la matinée. Pourtant, le chiffre d’affaires 2015 du groupe de luxe est conforme aux attentes du groupe et un peu supérieur aux attentes des analystes. Il s’établit à 4,84 milliards d’euros, en croissance interne de 8,1%, ce qui correspond à l’objectif que s’était fixé pour l’année et pour le moyen terme.

Hermès ne publiera ses résultats annuels que le 23 mars mais il a déjà indiqué que sa marge opérationnelle serait «proche de celle atteinte en 2014, soit 31,5%, malgré l’impact des parités monétaires». Un bon signal, là aussi, puisque Hermès estimait jusqu’à présent que cette rentabilité serait «inférieure».

Une fin d’année solide mais une année 2016 plus incertaine
Pour le seul quatrième trimestre, le chiffre d’affaires s’affiche à 1,39 milliard d’euros, en croissance organique de 7,2%, «qui est restée solide en dépit de l’impact sur les ventes de fin d’année» des attentats du 13 novembre «en France, et dans une moindre mesure, en Europe». Les ventes dans l’Hexagone, 14% du chiffre d’affaires total, ne progressent que de 1% au dernier trimestre, contre 11,5% au troisième trimestre.

Pourquoi dès lors cette déception ? Parce que le sellier-maroquinier a mis en garde : «En raison des incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde», la croissance de ses ventes en 2016 «pourrait être inférieure» à cet objectif de 8%.

D’ailleurs en Bourse, la dynamique est cassée. Natixis a récemment abaissé son objectif de cours à 327 euros sur une action qui recule de près de 18% sur les six derniers mois et fait du surplace sur un an (-1,50%). Hermès reste toutefois la valeur la plus solide dans le secteur.

Guerlain

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